Microfictions

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Un espace consacré à la création de microfictions, où vous pouvez poster les vôtres. D'autres types d'œuvres courtes telles que les poèmes, les nouvelles, les fictions interactives et d'autres formes expérimentales peuvent aussi y trouver leur place.


Bonnes pratiques

founded 2 years ago
MODERATORS
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À partir d'aujourd'hui, vous êtes tou(te)s bienvenu(e)s à poster des consignes d'écriture dans cette communauté.

Qu'est-ce qu'une consigne d'écriture ?

Une consigne d'écriture est un sujet ou thème que l'on propose, et sur lequel les auteur(e)s de cette communauté s'exerceront à développer en narration.

Comment créer une consigne d'écriture ?

  • Postez une proposition, en ajoutant l'étiquette [consigne] en début de titre.

  • La consigne doit être dans le titre, et non dans la description du post.

  • Le sujet est libre. La consigne peut être par exemple l'extrait fictif d'une histoire, un ensemble de conditions, ou le synopsis de la narration que les auteurs vont écrire.

Comment créer une narration répondant à la consigne ?

  • Chaque auteur(e) peut s'essayer à créer une narration à partir du titre, en l'écrivant en commentaire de la discussion de la consigne.

  • Tous les commentaires de la discussion doivent être une narration créée à partir de la consigne.

  • Les lecteurs peuvent donner leur avis sur une narration, en écrivant un sous-commentaire, au-dessous de la narration.

Exemples

[consigne] "Lève-toi, nous avons beaucoup de choses à nous dire". Je pourrais reconnaitre cette voix entre mille. Celle de mon père, disparu depuis 20 ans.

[consigne] Aussi longtemps que vous vous en souvenez, vous êtes un fier Cassiopien, élevé sur Cassiope X-II. Aucun Cassiopien n'a vu d'autre humain à part vous, jusqu'à aujourd'hui. Jour où un vaisseau humain atterri dans votre village.

[consigne] Écrivez un poème en dix lignes. La première ligne doit faire exactement dix mots, la seconde neuf mots, etc.

Si vous avez d'autres idées de format ou de consigne, n'hésitez pas à les proposer en commentaires de ce fil !

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Si vous n'osez pas encore poster vos écrits dans cette communauté, ou si vous n'avez jamais écrit de fiction, les commentaires de ce post sont ouverts pour permettre les premiers essais et toutes sortes d'expérimentations de forme courte.

Pour une microfiction, qui peut faire de quelques lignes à quelques centaines de mots, vous n'avez pas besoin d'une histoire complexe ou structurée. Vous pouvez très bien vous concentrer sur un simple détail, une phrase entendue, un souvenir, un rêve, etc.

Alors amusez-vous ! Vous pouvez poster toutes vos tentatives directement dans les commentaires de ce post.

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Il était une fois un gnome qui vivait dans une maison de pierre près d'une forêt. Cette maison avait été construite par son grand-père il a deux siècles, avec des pierres de la carrière de l'autre côté de la forêt, une grande plaine où poussaient coquelicots, achillées millefeuilles, et autres oseilles. La forêt était un fort étrange lieu, et Gradiou, notre gnome, craignait de s'y aventurer. Les meilleurs pisteurs s'y perdaient. Une exploratrice fameuse il y a un siècle, Harelle de Lirant, s'y était enfoncée, avant de réapparaître après 30 ans.

Tout le monde au village pensait qu'Harelle était devenue folle, et elle mourut peu après la naissance de Gradiou, reconnue uniquement pour les étranges histoires qu'elle racontait. Elle disait qu'il y avait dans cette forêt tout un continent, alors qu'on pouvait en faire le tour en quelques jours de marche. Quelques jours après le solstice d'hiver de sa dernière année, un scribe se tenait avec elle pendant qu'elle racontait ses histoires aux enfants :

« On était le millième jour de mon expédition. Dans cette maudite forêt les enfants, il ne suffisait pas de tourner quatre fois en angle droit pour faire le tour d'une pièce, oh non ! On devait tourner cinq fois pour revenir sur ses pas. Prenez un mauvais virage deux-trois fois, et vous voilà à des centaines d'enjambées de la sortie ! J'en ai vu des choses. Au millième jour j'avais avec moi Mastable, mon guide. Je l'avais rencontré dans la cité d'Iort, une cité côtière qui devint le centre d'une révolution, la révolution des Toiles d'Argent.

« Ces toiles d'argent étaient fabriquées par des ouvrières qualifiées à la fois en magie et en filature. » À ces mots, le scribe leva un sourcil. La magie n'existait plus enfin ! Mais ces histoires avaient le don de maintenir en haleine les enfants, et à les dissuader in fine d'aller dans la forêt. Gradiou fut tenté une fois d'y aller, quand il n'avait que 40 ans, sur le chemin de l'école, mais il se ravisa en se souvenant des histoires de Harelle que lui lisait sa mère le soir 20 ans plus tôt.

Harelle poursuivait : « Ces toiles servaient à tout au quotidien, on pouvait en faire des habitats légers et résistants, y préserver de la nourriture, s'habiller pour l'été comme pour l'hiver… Mais voilà, le tyran qui régnait depuis peu sur la contrée où se situait Iort avait décidé de toutes les réquisitionner afin d'aller faire la guerre contre les Ombres Volantes. Le peuple savait que ces ombres n'étaient pas maléfiques, et on les voyait parfois le soir flotter lentement au dessus des nuages roses. Le tyran voulait s'en débarrasser car elles représentaient selon lui un élément de désordre, et il voulait affermir son pouvoir.

« Alors au lieu d'obéir, les habitants d'Iort ont utilisé les toiles d'argent pour résister. Comment a-t-on fait pour gagner contre toute une armée ? Hé bien c'est qu'à Iort, ville aussi riche dans son ensemble que chaque habitant était pauvre, il en avaient dans le citron. Mastable et moi avions rencontré un groupe qui avait organisé un traffic de livres depuis la bibliothèque royale de la capitale, à travers d'anciens sous-terrains remis en service.

« Nous avions en particulier connu Quiéré, une amibe humanoïde qui après une symbiose accidentelle avec un humain était devenu un être socialisé, cherchant à retrouver une sorte de fusion avec l'Autre à travers une réflexion politique sur la liberté et l'entraide. Quiéré avait étudié une diversité de textes, et les enseignait avec plaisir à qui le voulait. Quiéré s'efforçait aussi d'inspirer ses pairs, tout en restant caché. Je me souviens particulièrement de l'un de ses discours au ton prophétique, prononcé sur une petite place de quartier que nous avions réaménagée au mieux, sous les étoiles, entre les bougies :

« Je crois qu'un jour chacun pourra se tenir par la main sans crainte qu'elle ne dissimule un poignard. Je crois qu'un jour, on saura aider le voisin avant qu'il ne meure de faim. Je crois qu'un jour, on ne s'entre-déchirera pas car nous ne sommes pas tous de la même espèce. Je crois que ce jour se lèvera par nos efforts et notre intelligence. Nous serons plus malins que le mal qui ronge ceux qui se sont désignés comme nos ennemis. Il ne suffit cependant pas de simplement dire "je crois", il faut vraiment s'imaginer. Alors imaginons ce que serait si toi Ætal tu avais cette fille que tu désirais tant. Quand le jour viendra, comment pourra-t-elle vivre ? »

À cela Ætal répondit presque sans hésiter : « Ma fille n'aura pas peur des garçons car ce seront ses amis. Elle ira étudier ce que bon lui semble, et ce sera une décision sage car je l'aura convaincu en son fort intérieur des vérités que j'ai à lui transmettre. Je n'aurai pas besoin de gifler comme mon père m'a giflé. Elle comprendra le monde qui l'entoure par les livres et l'expérience directe. Elle ira peut-être naviguer au-delà de l'Iortan et rencontrer d'autres peuples, et ramènera des idées fraîches. J'ai entendu dire d'un marin que lors d'une expédition lointaine ils avaient vu au loin les pics de montagnes.

« Personne ne les a cru, mais moi si. Dans un rêve j'ai vu ce qu'elle fera, si nous réussissons à résister. Ma fille rencontrera sur une île des êtres entre notre monde et un autre. Pas des fantômes, mais des êtres à cheval entre ici et un autre endroit sans terre ni air. Ils lui enseigneront des secrets pour comprendre comment notre monde s'organise en poussières, rocs, plantes, animaux, étoiles. En allant plus en avant de son expédition, elle rencontrera un groupe d'humains vivant entre une côte et un grand désert de sable. Elle leur dira ceci :

[…]

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https://ludosphere.fr/@ortaviz/114229967767799573

ALT TEXT5.
La feuille est dans ta paume ouverte.
Tu sens une langue râpeuse, celle d'un grand chevreuil ou d'une bête fauve, gober ton ticket. Et le brouillard s'insinue. L'autre voix, dans ton crâne, elle résonne dedans comme dehors:
« Vous avez vos justificatifs ? »

Des dizaines d'yeux s'allument autour, dans la vapeur. Un souffle te pousse en avant. Tu t'élances au milieu d'animaux invisibles. Tu les entends galoper. Et l'autre voix qui répète:
« Est-ce que vous avez vos justificatifs ? »

Choix 1: Écouter cette voix
Choix 2: Courir de toutes tes forces

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À travers les remous d'un vieil océan, je touche du doigt les pupitres d'une leçon sur l'ennui. Tout autour, c'est une forêt de boisement enfantin. On entraperçoit à travers les branches une lointaine canopée dégarnie, adossée à flanc de montagnes à la renverse. Mettons un pied dehors à travers les pavés : nous voici sur une plage de millions de grains d'heures, chauds comme un vieux radiateur, humides comme le bout de nos nez en hivers quand nous jouions autour du vieux chêne.

Saisissant des perles de futur, nous y arrangions des maisons de poupée léguées par nos parents. En y entrant, l'entropie du présent nous suivît. Dans chaque lézarde, une histoire sans queue ni tête. Que voulait dire telle remarque affûtée ? On l'aura pris avec une entaille à la main. Pourquoi elle ne me parlât plus ? À 10 ans c'était ma faute, à 25 ans le résultat d'un abscons travail adulte de division sans retenue des hors-jeu.

Au-delà des murs, un fleuve, des possibilités fantastiques qui ont su rester lettre en encre invisible. En traversant à travers méandres les milliers de pont de bon matin, de vieilles espérances étaient remontées. Elles s'envolèrent dans un ciel d'un futur contrefactuel, en dessous duquel tu n'étais pas. Tu suivais les lignes du tram vers un vieux terminus ou suffoque un gas de molécules couplées, sans gare pour les amitiés covalentes qui ont rendu la vie possible sur Terre.

Tu as été nombreuse à défaire l'aromatique polycyclique : parfois, il n'y avait plus qu'un benzène errant dans les rues, entre ces tours aux milliers d'yeux, abrasant du regard tous les horizons. Je voyais plus que jamais ces colonnes de "et si" déchirant la fumée de la ville. Je les vois de nouveau : c'est un rhizome qui pourrait, qui ferait, qui parfois est, que je peux, que tu peux, qu'on peut faire et refaire. Il touche au fond des cœurs un cri de désespoir, c'est pourquoi on ne veut pas le regarder.

J'y suis déjà, alors je regarde à travers ses fines racines comme des fibres optiques : au dedans, des images d'un groupe d'ami·e·s qui déjeunent à l'ombre d'un écheveau de liens bariolés bricolés pour le moment, pour iels.

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Zigzag des âmes isolées câblées en séries limitées, on zappe les amarres et voyez-en les terres à l'autre bout de ce tintamarre. Il n'est ni drôle ni à faire ni à nier bien que l'oiseau de nids à nids tisse ses ramages d'un coup de craie.

Il est quatre heures et un kilomètre et trois grammes plus ou moins un mot doux —  qui passe dans nos oreilles rugueuses puis par un couloir, donnant sur deux couloirs, donnant chacun sur quatre pattes le soir, avant qu'au champ du coq on laboure les théorèmes déconstruits sans se salir les serpentages des âmes en fête.

Un peu moins et c'était la débandade des spires rouges de honte. Les sbires de notre monde sont en voie de s'écraser contre les vagues de rocs en roue libre de tous nos péchés, de nos ombres du matin, et d'un petit peu moins de ronces sèches sous lesquelles nichent :

des papillons en oxyde de cuivre

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Au loin des nuages poignants roulent sans bruit,
comme attachés à des points de fuite
derrière les étoiles.

Ils grondent en fait de millions de fragments de
ce qui aurait du être.
Un vent chaud secoue les herbes ; elles pleurent
ce qui n'a pas pu être.

Les nuées d'insectes n'ont plus la force de s'élever :
ils viennent se blottir contre la terre,
aussi lourds qu'elle.

Quelle profondeur font ces nuages ? Je reste pour voir.
Ce ne sont pas des métaphores plates :
ils viennent de grands élans ascendants
qui veulent prendre racine dans l'azur.

Dans cette forêt fantasmatique pointant vers le concret,
les elfes ouvrent des éclaircissements,
les farfadets tissent un subtil inter-réseau d'inspirations,
et les geais bleus s'envolent pour colporter des images.

Quand plus bas les micro-gouttelettes du vécu s'agrègent,
parfois se cristallisent, enfin elles peuvent tomber cisailler l'air convenu.
La cellule qui les contenait finit par s'étioler,
et les voilà toutes libérées,
courant entre les feuilles, les herbes, les gravillons, l'humus.

Il en aura fallu des entrechocs pour en arriver là !
D'immenses décharges de ce qui a miroité finissent par grésiller de toute part.
On n'entend plus que ça. Elles s'enracinent dans ce chaos dissipatif.
J'ai tendu la main ; parfois elles me traversent.

Une fois passés, les orages laissent un paysage bouleversé.
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https://ludosphere.fr/@ortaviz/114212820083736853

ALT TEXT4.1
En te rapprochant tu réussis à obtenir une réponse: « Passez, passez... » L'homme a l'air affaibli mais refuse qu'on s'occupe de lui. « Encore un numéro... encore un... num' ro. » Sur une feuille que tu ramasses, les nervures s'enroulent en chiffres tordus. 509. Le sentier continue au-devant. Une petite ombre à 4 pattes t'y attend. T'appelle. Son chant rauque, plaintif... t'est intimement adressé. Alors tu te mets en marche, un ticket à la main.

4.2
La lumière devient poudreuse à mesure que tu avances. En fait, un brouillard cognitif est en train de couvrir l'environnement. Tu accroches ton regard à une paire d'oreilles pointues qui trotte devant, mais cette présence s'évanouit soudain dans la brume. Ton pas accélère pour la rattraper. C'est là qu'un animal aussi grand que toi se met en travers de la route. La créature semble s'adresser à toi, elle aussi, mais sa voix n'a plus rien de rassurant: « Num' ro ! » « Num' ro ! »

Choix 1: Présenter la feuille d'arbre numérotée
Choix 2: Tenter de contourner l'animal
Choix 3: Lui gratter l'encolure
Choix 4: Faire demi-tour

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https://ludosphere.fr/@ortaviz/114195726187278839

ALT TEXT

Tu t'approches de la silhouette affalée entre un tronc noir et un vieux buffet. L'homme est endormi ou malade, il ouvre les yeux quand tu prononces « Bonjour », mais pas de réponse de sa part. Au-dessus, gratté dans le bois tendre, tu peux lire cette autre inscription: PrenDs TUn NuméRO Une flèche pointe vers le bas. Tu regardes au pied du meuble. Les feuilles mortes sont couvertes de nombres. À y regarder de plus près, les arbres autour de toi portent tous des feuilles numérotées.

Choix 1: Avancer sur le chemin
Choix 2: Ramasser une feuille et avancer
Choix 3: Des combats, on s'ennuie !
Choix 4: « Monsieur, vous avez besoin d'aide ? »

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https://ludosphere.fr/@ortaviz/114178529723455186

ALT TEXTLa terre jaune qui ouvrait un couloir à travers la campagne s'enfonce maintenant dans les bois. Cent mètres plus loin, le décor sylvestre se trouve étrangement altéré: une armoire vide gît entre les arbres sur le bord du chemin. En t'approchant tu découvres une inscription, gravée sur l'une des portes:

Qui OUI La PeRD
Ni NON La GagNE

Une appréhension diffuse monte en toi. Mais tu ne peux pas renoncer aussi facilement, n'est-ce pas ? Et quelque chose attire encore ton attention :

  • Choix 1 : Un autre meuble avec une inscription
  • Choix 2 : Une silhouette assise derrière un grand chêne
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https://ludosphere.fr/@ortaviz/114160800365672423

ALT TEXTTa route se sépare en deux voies.
À droite tu aperçois la forêt administrative. On dit qu'elle est maudite. À gauche, le chemin s'éloigne jusqu'à un escalier creusé à même la roche, au pied des Monts du Parasocial.

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Mini-jeu d'écriture : les abbréviations et mots techniques

@microfictions
Inspiré du texte de @Ziggurat : jlai.lu/comment/12084521

Trouver 10 abréviations et rédigez un petit texte avec le minimum de mots.

Réprenez ce texte et développez les abréviations. Vous pouvez les détourner.

Exemple :
J'ai eu la CAF au téléphone > J'ai eu la Comtesse aigrie du Finistère au téléphone

Ensuite, partez de votre passion, rassemblez tous les mots technique que vous pouvez. Et réutilisez-les tous. Le texte doit etre le plus incompréhensible possible.

Puis rédigez sa version facile à lire et à comprendre.

Amusez vous bien ! ​:blob_bouncefast:​

#écriture #microfiction

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Écritures de Janvier (peculiar.florist)
submitted 2 months ago* (last edited 2 months ago) by [email protected] to c/[email protected]
 
 

Écritures de Janvier

@microfictions

Hop c'est partie pour le nouvel atelier d'écriture ! :D

*Rappel cet atelier est collectif et ne vient pas de moi, une personne l'anime. Beaucoup de ces consignes ont été réajustées pour permettre une activité solo mais rien ne remplacera le partage de nos textes et leur lecture collective.* ​:blob_cheer:​

*Un samedi par mois, je participe à cet atelier d'écriture qui est super cool et je vous invite à rejoindre un atelier d'écriture près de chez vous ou à créer le votre :)*

Je vais vous demander de choisir un objet baroque :)

Définition

Mélange des contraires (le réel et l'illusoire, le grotesque et le sublime, le mensonge et la vérité) ; développement de l’imaginaire ; faire appel aux allégories ; exprimer les sentiments et les sensations ; retranscrire avec une abondance de détails couleurs, formes, saveurs et parfums. La mort est un thème central dans les œuvres baroques, intimement liée au domaine de l'évasion et de la féerie. L'esthétique baroque revendique son exubérance, son foisonnement et sa surcharge ornementale.

Nous y voilà, à présent lisons un passage de Victor Hugo, la légende des siècles :

fr.m.wikisource.org/wiki/La_L%C3%A9gende_des_si%C3%A8cles/La_vision_d%E2%80%99o%C3%B9_est_sorti_ce_livre

Je vais vous demander de récolter les mots qui touche au baroque, qui vous font penser au baroque. Une dizaine de mots, ne lisez pas tout, juste un ou deux paragraphes.

Par la suite vous allez décrire cet objet baroque avec les mots recoltés.

Ensuite, vous allez écrire une en 1 phrase un texte commençant par "Au commencement était le ver- (verbe, vertige, veritable...)
Et terminez cette phrase par votre objet baroque en le nommant clairement.

Voici plusieurs mots décrivant les nuances de la rouge :

Cinabre, garance, vermillon, carne, pourpe, amarante, cramoisie, grenat, corail, rouille, écarlate, vermeille, feu, pince-velour

Reprenez la phrase au "Au commencement était le ver-" remplacez "-ver" par le rouge et réutilisez les mots décrivamt le rouge avec abondance et générosité. Pas de quartier.

Apothropaïque. Vous ne connaissez pas ce mot, et si vous le connaissez, partez du principe que vous ne le connaissez pas. Donnez la définition de ce mot en tant que nom propre (personalité, lieu) et nom commun.

Apothropaïque veut dire conjurer le mauvais sort. Écrivez un texte expliquant pourquoi les objets baroques conjurent le mauvais sort. Et faites revenir 7 fois un mots dans ce texte.

Trouvez 10 mots composés.

chauve-souris, porte-plume...

Écrivez un texte coférent avec ces 10 mots composés et le moins de mots possibles. :)

Par la suite, remplacez ces mots composés par des périphrases. C'est à dire, prenons, par exemple chauve-souris, vous devez la remplacer par une périphrase : petit animal perché doté de grandes oreilles et drapé d'un manteau en Latex.

Amusez vous bien 😁

#écriture #atelierEcriture

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submitted 1 year ago* (last edited 1 year ago) by [email protected] to c/[email protected]
 
 

L'inconvénient du tout premier voyage dans le temps, c'était que rien ne se produisait, vu de l'extérieur.
Pas d'éclairs électriques, ni de remous, de nuages gazeux. Pas de disparition du sujet, comme dans les films. L'homme placé au centre de la cuve gigantesque remplie d'hydrogène ne ferma même pas les paupières, à T∥0.
S'il avait cligné des yeux, les dizaines de scientifiques rangé⋅es derrière des consoles n'auraient probablement pas vu la différence, malgré la caméra grand angle rivetée dans la capsule pressurisée.

Pour Claveire, sélectionné en prison grâce aux tests dignes d'une mission spatiale, l'expérience avait également été décevante.
Quand le mécanisme de sécurité relâcha automatiquement le bras qui le maintenait immergé depuis une demi-heure, il pensa que toute l'opération avait été un échec. Il resta patiemment dans le harnais, attendant qu'on vienne le détacher. Personne ne répondit à ses appels, aucun bruit, aucun signe d'agitation.
Après cinq longues minutes il prit la décision d'éxécuter la procédure de secours : une fois le cordon sectionné avec l'outil prévu uniquement pour cet usage, il se laissa glisser sur le sol concave, et pensa qu'on l'engueulerait de ne pas avoir attendu.
Personne ne vint.

Claveire avait beaucoup lu en cellule.
Il considéra que peut-être, l'expérience avait pu fonctionner mais qu'il n'en gardait aucun souvenir. Il luttait contre cette idée, pensa courbure du continuum espace-temps. Malgré ses efforts conscients, il ne put s’empêcher d'imaginer une planète dévastée, revenue à un état naturel sauvage. Le bunker où avait été construit la cuve était assez profond pour ne pas être affecté par des perturbations à la surface. Mais Claveire espérait qu'il reste quelques représentant⋅es d'une hiérarchie quelconque, dans les autres niveaux enterrés au-dessus de lui.

Une fois sorti de la capsule émergée, sur la plateforme déserte, il du comprendre comment débloquer la porte du sas et faire en sens inverse un chemin qu’il connaissait mal. Claveire ne rencontra aucune présence entre le dédale de couloirs et l'ascenseur qui le remonta au niveau 0, situé vingt mètres sous une dalle de béton armé.
Lorsqu'il souleva la trappe de la petite cheminée réservée au personnel et sortit à l'air libre, il pensa, un peu tard, radiations mortelles, nuages toxiques.
Rien de tout cela ne semblait être d'actualité. Des gosses tournaient en trottinettes électriques sur le béton. Un food truck stationné à 50 mètres provoquait un petit attroupement au coin de la place, et les immeubles tout autour étaient aussi brillants que des trophées.
Personne ne s'intéressa à lui. Il attendit cette fois, quelques heures, mal assis sur un banc anti-sdf, puis décida de prendre la route d'un bureau de recherche qui se souviendrait de lui.

C'était le problème. Personne ne se souvenait de lui. Claveire n'avait pas changé d'époque, la date de son entrée dans la cuve remontait bien à la veille, dans ce calendrier identique où il avait refait surface. Mais aucune trace de l'expérience, ou de l'agence qui l'avait mise en place.
Ce n'était pas encore le plus perturbant. Maintenant qu'il était libre, hors du système carcéral, gracié par des circonstances discrètes, il se retrouvait sans arbre généalogique. Aucune trace des autres membres de sa famille. Pas d’état civil. Pas de numéros de sécurité sociale, d'extraits de naissance. Pas de carte d'identité, de papiers, pas d’existence.
Sa première rencontre avec les forces de l'ordre fut une douche froide qui lui rappela tout ce qu'il avait cru pouvoir oublier. Claveire pensa ordre et humiliation. Par la suite, il évita systématiquement les grands axes de circulation et les centres-ville.

Personne ne voulait de lui dans les centres d'accueil débordés. Personne ne le prenait au sérieux, surtout lorsqu'il avançait l'hypothèse qu'un mauvais délire de l'espace-temps avait pu effacer ses propres ancêtres. Lorsqu’il racontait son histoire à qui voulait bien l’écouter, il utilisait la notion de ligne de temps en espérant se faire mieux comprendre. Pourtant Claveire avait beaucoup réfléchi à ce concept. Bien avant l'expérience, grâce à ses lectures, il s'était mis à penser que si l'espace et le temps étaient indissociables, comme le prédisait la physique, alors le temps linéaire n'existait pas réellement. Pas tel que nous le pensons.

Quelques semaines plus tard, installé dans une tente à proximité d'un point de distribution alimentaire régulier, là où beaucoup d'autres se demandaient aussi comment reconstruire une histoire privée de réalité légale, Claveire pensa que les expériences de voyage dans le temps n'avaient aucun intérêt pour l'humanité.
En repliant l’espace-temps sur lui-même pour y chercher des raccourcis, on ne trouverait que des impasses.

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submitted 2 years ago* (last edited 2 years ago) by [email protected] to c/[email protected]
 
 

On raconte toujours que les esprits habitent les humains et les chèvres, mais qu'en est-il des objets du quotidien ?
Il y avait un démon prisonnier d'un tube de dentifrice, un autre coincé dans un rouleau de PQ.

Lorsque vous videz les fonds de placards, les frigos, ne buvez pas la dernière goutte, ne froissez jamais la dernière feuille, de peur de libérer une force obscure.